mercredi , 28 juin 2017
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Débat présidentiel : le show Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise, a largement contribué par sa verve à animer le premier débat présidentiel lundi soir.

Il n’a pas déçu: pour le premier débat présidentiel lundi soir, Jean-Luc Mélenchon était attendu comme le dynamiteur en puissance d’une émission au format plutôt rigide. Entre « pudeurs de gazelles », à propos de la frilosité das candidats sur les affaires judiciaires de deux d’entre eux, et « débat au PS », au sujet d’un échange entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron, le rhéteur a lancé quelques-unes des formules les plus acérées de la soirée. Le leader de La France insoumise n’a rien perdu de ses qualités oratoires, alternant saillies humoristiques, envolées lyriques et séquences professorales.

Lancé par sa démonstration de force de samedi place de la République à Paris, le discours du tribun de la gauche radicale, d’abord sur la retenue, a pris de l’ampleur sur le plateau de TF1 à mesure que le débat avançait, éclipsant son concurrent à gauche, Benoît Hamon.

Éloquent, Jean-Luc Mélenchon est capable de se lancer dans des tirades enflammées, comme il en a fait la démonstration sur l’immigration. « Les gens ne partent pas en immigration par plaisir », a-t-il ainsi soutenu, « L’immigration est un exil forcé. »

« D’aucuns parmi nous sont les enfants de ces sortes d’immigrés. Moi j’en suis un. Les miens sont partis. De misère! Et voilà pourquoi je suis Français et si fier de l’être. »

Maniant une langue riche et directe, le prétendant à l’Elysée a même, lors de sa conclusion, pris des accents gaulliens, empruntant au lexique -« L’intérêt général humain commande »- et à l’autodérision -« A 65 ans, je n’organise pas ma carrière »- du père fondateur de la Ve République. Une autodérision que Jean-Luc Mélenchon pratique volontiers, lorsqu’il affirme, en réponse aux attaques de Marine Le Pen, que « comme ultra-libéral, on fait mieux que (lui) ».

Dans ses séquences pédagogiques, l’ancien ministre du gouvernement Jospin aligne des gestes amples, par exemple pour expliquer sa volonté d’élargir le nombre de tranches d’impôt sur le revenu à quatorze, ou pour chapitrer Marine Le Pen sur la laïcité. Des cinq candidats, il est celui qui occupe le plus de place lorsqu’il s’exprime.

En outre, son sens de la formule (« Je ne suis pas d’accord pour un code du travail par entreprise, comme je ne suis pas d’accord pour un code de la route par rue ») permet de marquer les esprits. Pour l’heure, Jean-Luc Mélenchon, toujours au coude-à-coude avec Benoît Hamon dans les sondages, peut raisonnablement espérer tirer profit de cette bonne performance.

Source

mélenchon mr propre

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