jeudi , 17 août 2017
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«Scandale d’Etat» : Fillon accuse Hollande d’animer un «cabinet noir»

Invité de L’Emission politique sur France 2 ce jeudi 23 mars, François Fillon a accusé le président François Hollande d’organiser à la tête d’un «cabinet noir» les fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires.

« Ça fait deux mois que la presse déverse sur moi des torrents de boue », a dénoncé d’entrée François Fillon. « Ça m’a fait souvent penser à Pierre Bérégovoy », a-t-il poursuivi, en référence au Premier ministre de François Mitterrand, mise en cause dans une affaire de prêt et qui s’était suicidé en 1993. « J’ai compris pourquoi on pouvait être amené à cette extrémité », a-t-il confié.

Pour le candidat de la droite et du centre à la présidentielle, l’instigateur des révélations qui ne cessent de pleuvoir depuis fin janvier n’est autre que François Hollande. Se référant à un livre à paraître (Bienvenue place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat) selon lequel François Hollande a mis en place un système de surveillance de ses adversaires, François Fillon a accusé : « on cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé, en tout cas, à travers ces allégations. »

« Ce soir, solennellement, je demande qu’il y ait une enquête d’ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’Etat », a déclaré l’ancien Premier ministre. « Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’Etat n’est jamais allé aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité », a-t-il encore estimé.

Mis en examen, notamment pour détournement de fonds publics, concernant des soupçons d’emplois fictifs, le candidat Les Républicains a réaffirmé que son épouse Penelope avait bel et bien travaillé pour lui à l’Assemblée nationale. Au sujet des costumes de luxe offerts par l’avocat français Robert Bourgi, il a fait son mea culpa . « J’ai eu tort d’accepter », a concédé François Fillon, « je les ai rendus ». Il a en revanche balayé les informations du Canard enchaîné sur une somme de 50 000 dollars qui aurait été versée à sa société 2F Conseil pour la mise en relation d’un homme d’affaires libanais avec le président russe Vladimir Poutine. C’est « un mensonge éhonté », a affirmé François Fillon.

Réagissant à ces propos sur l’existence d’un cabinet noir à l’Elysée, François Hollande a dans un communiqué « condamné avec la plus grande fermeté les allégations mensongères de François Fillon ». Le chef de l’Etat affirme n’a été informé que par la presse des affaires concernant le candidat à la présidentielle, auquel il reproche d’apporter « un trouble insupportable » à la campagne.

Un sentiment partagé par l’ex-sénateur Les Républicains Jean-Baptiste Lemoyne, aujourd’hui soutien d’Emmanuel Macron. « Je déplore que cette campagne soit rythmée par les problèmes que François Fillon s’est lui-même créé, déclare-t-il. S’il n’y avait pas matière à complot, il n’y aurait pas de complot possible. » Pour Jean-Baptiste Lemoyne, « l’entêtement » de François Fillon est « très préoccupant » pour un candidat à la magistrature suprême.

Olivier Faure, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, dénonce quant à lui « une ficelle un peu grosse qui ne trompe personne ». En cherchant à attirer le regard sur d’autres affaires, François Fillon essaie de se sortir de toutes celles qui le concernent, estime Olivier Faure. « La seule question qui vaille est de savoir si ces affaires ont une réalité ou pas », affirme-t-il.

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